Le mot du directeur de la publication

François-Max Dorville

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François-Max Dorville, « Le mot du directeur de la publication », Contextes et Didactiques [En ligne], 1 | 2007, mis en ligne le 15 décembre 2007, consulté le 22 février 2019. URL : https://www.contextesetdidactiques.com/88

Avec la parution de ce premier numéro de la revue du CRREF, nous assistons à la manifestation concrète d’une évolution qui trouve sa source dans toute l’énergie déployée depuis quelques années par les uns et les autres pour prouver qu’une activité de recherche était possible au sein de l’IUFM de Guadeloupe.

L’absence dans notre île et plus largement au sein de l’Université des Antilles et de la Guyane, des laboratoires de recherche en sciences sociales ou en sciences de l’éducation, ne constitue pas un environnement très favorable au développement de telles recherches dans notre IUFM. L’équipe de formateurs de l’IUFM de Guadeloupe, dont je salue ici l’engagement et la ténacité, a su surmonter tous les handicaps liés à cet environnement et, en très peu de temps, elle s’est donnée les moyens de réunir les matériaux nécessaires à l’édition d’une revue.

A tous j’adresse ces mots d’encouragement. Je souhaite que l’énergie du départ soit demain doublée, triplée, multipliée jusqu’à l’infini si possible. Qu’à ceux d’aujourd’hui qui aujourd’hui signent les 7 articles qui constituent ce numéro, viennent se joindre les auteurs de demain ; c’est-à-dire tous les formateurs qui comme le souhaitent l’équipe de rédaction veulent faire partager leurs expériences, leurs analyses et réflexions sur la formation et l’éducation dans la grande région caraïbe et plus singulièrement en Guadeloupe.

Que ce processus soit irréversible !

Cette revue constitue une première pour l’IUFM de Guadeloupe. Sa survie dépendra de facteurs divers et variés mais d’importances inégales. Sans faire de mes propos une revue complète de ces facteurs je voudrais ici évoquer deux de ceux-là.

Le premier concerne le financement. Financer une telle opération entièrement sur les crédits propres d’un établissement de notre taille n’est pas chose facile. Au nom de tous j’adresse ici mes remerciements à nos partenaires : la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) et le Centre Régional de Documentation Pédagogique (CRDP) qui par leurs soutiens ont permis à l’établissement de réaliser ce projet d’édition.

L’autre facteur que je veux évoquer ici est certainement le plus important. Il s’agit de la productivité des auteurs potentiels absolument nécessaire afin d’assurer un développement durable à la revue. Il faudra que l’équipe de rédaction soit en permanence à la recherche de nouveaux auteurs et que le travail de mobilisation autour de la recherche commencée il y a longtemps, soit renforcé. Il faut encourager tous les formateurs à s’engager dans un processus de recherche. Je compte pour cela sur la capacité du CSP à définir des orientations de recherche liées aux missions de l’établissement et à veiller à l’équilibre nécessaire entre mission pédagogique et travail de recherche : «la formation des maîtres ne doit point souffrir de la recherche mais voir sa qualité s’améliorer significativement par la recherche ». J’ai confiance dans le dynamisme et la clairvoyance du Président du CSP pour mobiliser la communauté et éviter les voies dangereuses, sans issues et coûteuses.

Dans notre environnement scientifique, nous encouragerons les formateurs à faire de la recherche tout autant que nous saurons valoriser leurs efforts. Il est nécessaire que durant cette phase, tout au moins, le niveau d’exigence pour une publication dans la revue ne soit pas hors portée de nos formateurs s’engageant dans la recherche. Cette revue aura un jour une dimension internationale, c’est le pari que nous nous devons de faire, mais avant, il est nécessaire qu’elle s’impose localement comme un outil d’incitation et de développement de la recherche en éducation. Par la suite, elle devra évoluer vers une dimension caribéenne. C’est comme cela que je perçois l’évolution de ce nouveau-né. Je terminerai en disant que dans notre situation actuelle ma devise est la suivante :

« Si minime que soit une contribution à la recherche pour autant qu’elle soit scientifiquement correcte, elle aura toujours le mérite d’exister et si elle n’a pas fait faire un grand pas à la recherche, son auteur lui, en aura fait un petit ».

François-Max Dorville

Directeur de l’IUFM de la Guadeloupe

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