N° 16, 2020 – Gestes professionnels et/ou en contexte

Numéro thématique coordonné par Maire-Paule Poggi et Fabienne Brière-Guenoun

Translation(s):
N° 16, 2020 – Professional Gestures and/or in Context

Modalités de soumission et calendrier

Les personnes intéressées sont invitées à soumettre leur article avant le 28 février 2020 par voie électronique à l’adresse de la revue, ainsi qu’à la coordonnatrice du numéro thématique : contextes.didactiques@espe-guadeloupe.fr, marie-paule.poggi@espe-guadeloupe.fr et briere.f@wanadoo.fr

  • Les propositions d’articles seront soumises à une double expertise en aveugle, puis au comité éditorial. Retour de l’expertise aux auteurs : le 30 mai 2020

  • Réception de la version finale de l’article : le 30 septembre 2020

  • Le numéro 15 de la revue « Contextes et Didactiques » paraîtra sur le site de la revue sous format électronique : le 30 décembre 2020

Pour toute information (politique éditoriale, recommandations aux auteurs, feuille de style), veuillez consulter les informations sur le site de la Revue « Contextes et Didactiques » : https://www.contextesetdidactiques.com

Tous les numéros parus sont intégralement disponibles en ligne et accessibles gratuitement : https://www.contextesetdidactiques.com/71

Argumentaire

Pour comprendre une interaction didactique, et les gestes professionnels qui la soutiennent, il faut pouvoir l’appréhender selon différentes échelles d’analyse, du plus local au plus global. Si la prise en compte du contexte est indispensable, pour autant, elle ne peut faire oublier qu’un certain nombre d’évènements émerge de façon située. Dès lors, gestes professionnels, situation et contexte peuvent difficilement être pensés indépendamment les uns des autres.

De nombreux travaux insistent sur la relation de circularité entre contexte et situation (Bourdieu, 1984 ; Béguin et Clot, 2004 ; Giddens, 1987) considérant que si le contexte agit sur l’individu, la réciproque est également vraie. Le contexte a un impact sur les conduites individuelles et par son adaptation, l’acteur crée du contexte. Contexte et situation offrent ainsi à l’acteur des opportunités d’exercer des compétences d’ajustement, d’adaptation, de contextualisation qui sont à la fois le produit de contraintes contextuelles et d’un passé incorporé mais aussi de créations singulières qui s’émancipent de ces contraintes du fait de la réflexivité, de l’intentionnalité ou encore de la rationalité́ stratégique des acteurs.

Il s’agit donc bien de s’intéresser à des opérations de contextualisation et non à des contextes figés (Lahire, 2012). La contextualisation a été longuement définie dans la littérature sociologique (Lahire, 2012) mais également didactique : « prise en compte active des contextes dans le tissage concret des pratiques didactiques » selon Blanchet (2009), « ensemble de processus transpositionnels » pour Delcroix, Forissier et Anciaux (2013) ou encore « ensemble des relations interactives entre l’enseignant et le contexte en cours d’action » d’après Marcel (2002). Tous s’accordent pour dire que la contextualisation s’apparente à un processus qui aide à mieux comprendre les liens dynamiques entre contraintes contextuelles et action en situation, entre action conjointe de l’enseignant / des enlevés et éléments de contexte.

Ce processus de contextualisation s’opérationnalise dans des gestes professionnels qui prennent en considération la diversité des contextes. Brière-Guenoun et Musard (2012) en font une caractéristique première des gestes professionnels qu’elles décrivent comme « ancrés dans les pratiques » et révélateurs des « façons dont l’enseignant définit, interprète et s’adapte au contexte pour concevoir et conduire son enseignement in situ ». Finalement, on peut dire que le travail de contextualisation de l’enseignant relève d’une compétence à articuler différentes échelles de contexte pour comprendre et agir sur l’activité des élèves ; d’une certaine manière il s’agit d’une compétence à jouer sur les conditions de possibilité de la situation d’enseignement pour construire cette dernière. La « contextualisation didactique » consiste à mettre en lien des éléments de contexte et de situation autour de la médiation de savoirs à enseigner et à apprendre.

Les contributions de ce numéro thématique visent à interroger les formes prises par ce processus, à en comprendre les évolutions, à en identifier les leviers et les résistances au sein de contextes variés dans différentes disciplines d’enseignement, en milieux variés, à différents moments du cursus scolaire, etc.

Nous invitons les chercheurs et les intervenants du champ de l’Éducation Physique et Sportive, et plus largement des sciences de l’éducation, à participer par leur production à réfléchir aux conditions de mise en lien entre gestes professionnels et contextes.

Références bibliographiques

Béguin, P. et Clot, Y. (2004). L’Action située dans le développement de l’activité [en ligne]. @activités, volume 1, 2. Consulté le 15 mars 2006 : http://www.activites.org/.

Blanchet, P. (2009). Contextualisation didactique : de quoi parle-t-on ? Le français à l’université, 2. Consulté le 10 juin 2010 : http://www.bulletin.auf.org/IMG/pdf_Journal_AUF_14-2-3.pdf

Bourdieu, P. (1984). Questions de sociologie. Paris : Les Editions de Minuit.

Brière-Guenoun, F. et Musard, M. (2012). Analyse didactique des gestes professionnels d’étudiants stagiaires en éducation physique et sportive. Revue des sciences de l'éducation 38(2), 255-454.

Delcroix, A., Forissier, T., & Anciaux, F. (2013). Vers un cadre d’analyse opérationnel des phénomènes de contextualisation didactique. Dans F. Anciaux, T. Forissier et LF. Prudent, Contextualisations didactiques (pp. 141-188). Paris : L’harmattan.

Giddens, A., (1987). La Constitution de la société-Éléments de la théorie de la structuration. Paris : PUF. (Édition originale : 1984).

Lahire, B. (2012). Monde pluriel. Paris : Seuil.

Marcel, J. F. (2002). Le concept de contextualisation : un instrument pour l'étude des pratiques enseignantes. Revue française de pédagogie, 138, 103-113.

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